Héritage

La maison de la rue Santo Domingo à Santiago du Chili, cachée derrière  ses trois citronniers, a accueilli plusieurs générations de la famille des Lonsonier. Arrivé des coteaux du Jura avec un pied de vigne dans une poche et quelques francs dans l’autre, le patriarche y a pris racine à la fin du xixe siècle. Son fils Lazare, de retour de l’enfer des tranchées, l’habitera avec son épouse Thérèse, et construira dans leur jardin la plus belle des volières andines. C’est là que naîtront les rêves d’envol de leur fille Margot, pionnière de l’aviation, et qu’elle s’unira à un étrange soldat surgi du passé pour donner naissance à Ilario Da le révolutionnaire. Bien des années plus tard, un drame sanglant frappera les Lonsonier. Emportés dans l’œil du cyclone, ils  voleront ensemble vers leur destin avec, pour seul héritage, la légende mystérieuse d’un oncle disparu. 

Dans cette fresque éblouissante qui se déploie des deux côtés de l’Atlantique, Miguel Bonnefoy brosse le portrait d’une lignée de déracinés dont les terribles dilemmes, habités par les blessures de la grande histoire, révèlent la profonde humanité.

  • Héritage, Paris, Rivages, 19 août 2020, 208 p., 19,50€.

Sucre noir

Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.

Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, étouffante, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.
Dans ce roman aux allures de conte philosophique, Miguel Bonnefoy réinvente la légende de l’un des plus célèbres corsaires pour nous raconter le destin d’hommes et de femmes guidés par la quête de l’amour et contrariés par les caprices de la fortune. Il nous livre aussi, dans une prose somptueuse inspirée du réalisme magique des écrivains sud-américains, le tableau émouvant et enchanteur d’un pays dont les richesses sont autant de mirages et de maléfices.

  • Sucre noir, Paris, Rivages, 16 août 2017, 208 p., 19,50€.

Jungle

Prenez un jeune écrivain couvert de louanges, couronné de nombreux prix littéraires. Plongez-le sans autre préparation au milieu de la jungle vénézuélienne. II devra parcourir la montagne (Auyantepuy), escalader des crêtes, s’enfoncer dans la mousse, traverser des torrents, ouvrir des sentiers à la machette… Et s’élancer dans le Salto Angel, un rappel vertigineux de neuf cent cinquante mètres, dans le fracas de la plus haute cascade du monde. Laissez frémir quatorze jours, et faites revenir. Vous obtiendrez Jungle, un texte joliment ciselé par le vent, perlé par les marécages, le récit d’un jeune homme qui s’abandonne à la nature et confirme son talent pour la littérature.

  • Jungle, Paris, Paulsen, « Démarches », 7 janvier 2016, 122 p.

Le Voyage d’Octavio

Le voyage d’Octavio est celui d’un analphabète vénézuélien qui, à travers d’épiques tribulations, va se réapproprier son passé et celui de son pays. Le destin voudra qu’il tombe amoureux de Venezuela, une comédienne de Maracaibo, qui lui apprend l’écriture. Mais la bande de brigands «chevaleresques», menée par Rutilio Alberto Guerra, pour laquelle il travaille, organisera un cambriolage précisément au domicile de sa bien-aimée. Avant que ne débute un grand voyage dans le pays qui porte son nom. Octavio va alors mettre ses pas dans ceux de saint Christophe, dans ceux d’un hôte mystérieux, dans ceux d’un peuple qu’il ignore.

Car cette rencontre déchirante entre un homme et un pays, racontée ici dans la langue simple des premiers récits, est d’abord une initiation allégorique et amoureuse, dont l’univers luxuriant n’est pas sans faire songer à ceux de Gabriel Garcia Marquez ou d’Alejo Carpentier.

  • Le Voyage d’Octavio, Paris, Rivages, 7 janvier 2015, 123 p.

Rééditions et traductions

  • Le Voyage d’Octavio, Paris, Rivages, « Rivages Poche Petite Bibliothèque », 25 mai 2016.
  • Il meraviglioso viaggio di Octavio, Rome, 66thand2nd, mai 2015, 116 p.
  • El viaje de Octavio, Caracas, Monte Ávila, novembre 2016.

Icare et autres nouvelles

En vingt-huit ans, le prix du Jeune Écrivain aura publié plus de cent cinquante auteurs et révélé plus de cinquante écrivains. Les meilleurs romanciers de France et de francophonie ont pris soin de cette pépinière d’où sont issus Marie Darieussecq, Antoine Bello, Olivier Balazuc, Dominique Mainard, Jean-Baptiste Del Amo, Ingrid Astier, Arthur Dreyfus et bien d’autres.

Il y a trois ans, le prix du Jeune Écrivain a fusionné sa branche française et sa branche francophone extra héxagonale pour devenir le prix du Jeune Écrivain de langue française.

Le présent recueil réunit l’ensemble des textes primés pour l’année 2013. « Treize jeunes auteurs, souvent déjà très aguerris aux techniques littéraires, qui nous parlent une langue ouverte sur le monde, sur les autres. Comme le signe d’une littérature bien vivante, de sincérité, sans détour ni tricherie. »

Naufrages

Et si le Minotaure s’était suicidé en s’offrant à la lame de Thésée ? Et si Icare était un oisillon tombé du nid ? Et si Charon le nautonier avait été congédié pour avoir cédé aux avances de Psyché ? Sous la plume inspirée de Miguel Bonnefoy, les mythes trouvent une seconde jeunesse et côtoient des histoires plus récentes : celle de Robinson Crusoe sur son île, celle d’un gentleman cambrioleur vivant sur les toits, ou encore celle d’un survivant revenu des geôles de Pinochet… Les héros de ce recueil, mythologiques ou contemporains, déjouant les croyances établies, sont des êtres de chair et de sang échoués entre deux rives, des naufragés prisonniers du labyrinthe de l’identité.

  • Naufrages, Paris, Quespire, 16 janvier 2012, 76 p.

Rééditions et traductions

  • Naufrages, Paris, Rivages, 2020, 100 p., 6,50€.

Quando il labirinto fu rinchiuso nel Minotauro

Le minotaure est un poète qui dénonce les abus du roi. Pour le faire taire, il est enfermé dans un labyrinthe où Ariane, amoureuse de lui, l’attend à la sortie. Thésée, qui porte les caractéristiques du parfait fasciste, est envoyé par le roi pour tuer le poète.

Dans cette réécriture inspirée de Julio Cortázar, les codes du mythe sont inversés pour laisser place à un nouveau mythe, fait d’engagement et de douleur, qui semble précéder toutes les épopées politiques.