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D’Ormesson, Forest, Ravalec, Boncenne… Des mots pour l’écrire

Les livres, l'écriture, la lecture, les mots sous toutes leurs formes, jusqu'aux mots croisés, sont les héros complaisants de ces ouvrages qui se plient à la volonté - portrait, roman ou réflexion - des auteurs. A 91 ans, « immortel » depuis 43 ans, auteur d'une quarantaine d'ouvrages et entré dans la Pléiade, Jean d'Ormesson s'est mis en tête de faire le récit chronologique de sa vie. Les mots et les livres figurent evidemment dans la liste de ce qu'il a aimé et qu'il évoque dans « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle »,à côté de la mer et du soleil, des ânes et du miel ou des « applaudissements dont j'avais honte, maîs que je cultivais ». Dans une sorte de proces qu'il s'intente a lui-même, en multipliant les souvenirs et [...]

Jungle

Si le but de l'expédition dans laquelle s'élance Miguel Bonnefoy est une descente en rappel de la plus haute cascade du monde - 979 m, rien que ça ! -, à le lire, sa plus grande aventure reste la jungle vénézuélienne, qu'il faut péniblement traverser à pied durant deux semaines pour atteindre le site sauvage, mystique, immense et à la fois étouffante, elle éreinte les corps, imprègne les esprits et finalement habite son récit « Aucun texte sur la jungle ne peut rendre la sensation de la jungle», dit lui-même l'écrivain. Vraiment ?

Traversée de la jungle et descente aux abîmes

Accompagner un jeune écrivain dans le massif de l'Auyan Tepuy et le guider le long d'une descente en rappel de mille mètres, telle fut la mission hors norme de Marc Lubin. Organisateur d'expéditions atypiques, il raconte leur aventure vertigineuse au Salto.  Le Venezuela n'est pas une «destination Montagne»... Et pourtant !  En parcourant les cartes d'Amérique du Sud, on s'aperçoit que les Andes viennent mourir dans la mer des Caraïbes et que le point culminant du Venezuela, le pic Bolivar, est un sommet andin culminant à 4978 m. Il fut un temps crédité de 5007 m. Le Venezuela compte aussi d'étranges montagnes portant le nom de Tepuy (montagne en langue indienne). Certains figurent au catalogue des agences de voyage comme le Roraima Tepuy. Ces massifs gréseux s'étendent à l'est du fleuve Orénoque et font partie [...]

Jungle, un voyage dans la nature brute

Les éditions Paulsen accueillent l'écrivain Miguel Bonnefoy dans leur collection "Démarches". Celle-ci ouvre ses pages à l'aventure, qu'elle soit montagnarde, plus terrestre ou même en side-car Berezma, de Sylvain Tesson, paru en 2015, est ainsi disponible dans cette collection de baroudeurs qui manient la plume avec autant de talent qu'ils chaussent les brodequins de marche. Miguel Bonnefoy traverse un territoire oublié de la civilisation, il prend de la hauteur dans cet essai plein de fraîcheur qui annonce un écrivain qui peu à peu façonne son style, après avoir obtenu le Prix de la vocation en 2015. Là aussi la marche est longue, à l'image de l'approche du plus haut sommet de la jungle vénézuélienne, la montagne de l'Auyantepuy Miguel Bonnefoy raconte cette aventure, menée en décembre 2014, avec ses équipiers, guides et cinéastes. L'aventure est [...]

Prenez le large avec nos deux écrivains voyageurs

Deux jeunes écrivains français, Nicolas Delesalle et Miguel Bonnefoy réinventent la tradition de l'écrivain voyageur. « Mon enfant, ma soeur, songe à la douceur. D'aller là-bas vivre ensemble ! ». Nicolas Delesalle et Miguel Bonnefoy avaient peut-être en tête ces vers fameux de Baudelaire, tirés du poème au titre si évocateur L'invitation au voyage, au moment de commencer les périples dont témoignent leur dernier livre. Avec Le goût du large pour le premier cité et Jungle pour le second, ils ravivent en tout cas une tradition qui s'est un peu perdue, celle des écrivains voyageurs. Hommes aux semelles de vent, tels Nicolas Bouvier ou Biaise Cendrars, sans cesse à la recherche d'horizons lointains et de sensations inédites qu'ils s'efforcent ensuite de retranscrire sur le papier. De telles impressions on les trouve à foison dans Le goût [...]

Chaud et humide

Un an après « le Voyage d'Octavio », délicieux premier roman en forme de conte picaresque, c'est un autre genre de périple que raconte ici Miguel Bonnefoy : ce jeune Vénézuélien s'est laissé embarquer, pendant deux semaines, dans une forêt amazonienne où « peu de choses figurent sur une carte ». Elle s'est avérée pleine de mygales, de trous particulièrement traîtres, et de rongeurs gros comme des chats qui ont attaqué ses sacs de nourriture. Il y a découvert ce qu'est la panique, mais a aussi compris qu'« on contemple la jungle comme on contemple un ciel étoilé : rien ne bouge, et cependant tout semble habité ». Il s'est demandé « comment tailler un adjectif pour qu'il ait la forme d'une racine », et a cherché des mots pour dire l'indicible « sensation de [...]

Voyages

Avec la ferme intention d'écrire un livre, Miguel projette un trekking de deux semaines au coeur de la jungle vénézuélienne. Après des mois de recherches de documentation, il part avec Pierre, réalisateur de films, Marc, « promoteur d'aventures » et guide de montagne, et deux guides vénézuéliens, Henry et Daniel. Le but est de rejoindre la montagne du Diable à travers la jungle et de descendre en rappel la plus haute cascade du monde, le Kerepakupai Venà. Et le livre s'écrit sous la dictée de cette terre inconnue... De sa jeune plume francophone, Miguel Bonnefoy (Le Voyage d'Octavio, NE mars 2015) livre un récit empreint d'humilité et d'admiration sur cette jungle au coeur du Venezuela, terre de sa naissance. En une quinzaine de chapitres, autant d'escales dans son voyage initiatique, il laisse la nature ciseler [...]

Jungle

« Aucun texte sur la jungle ne peut rendre la sensation de la jungle ». Malgré cet aphorisme prévenant, Miguel Bonnefoy s'est lancé dans la tâche. Après le succès de son premier roman Le Voyage d'Octavio, finaliste du Goncourt du premier roman, Bonnefoy a décidé d'accompagner une expédition qui gravit côte jungle l'Auyantepuy, avant d'en descendre, le long d'une cascade, les 900 mètres de paroi en rappel. Doté de racines chiliennes et vénézuéliennes, Bonnefoy annonce la couleur : il n'est ni alpiniste ni grimpeur, seulement un écrivain qui accompagne les quatorze hommes de l'aventure comme le peintre de la Marine accompagnait Bougainville. Ils se frayent un chemin a coups de machette pendant une dizaine de jours puis glissent le long des cordes de rappel pendant deux jours. Bonnefoy n'en fait pas des tonnes, et pourtant [...]

Le livre du mois

LE PITCH Prenez un jeune écrivain couvert de louanges, couronné de nombreux prix littéraires. Plongez-le sans autre préparation au milieu de la jungle vénézuélienne. Il devra parcourir la montagne (l'Auyantepuy), escalader les crêtes, s'enfoncer dans la mousse, traverser des torrents, ouvrir des sentiers a la machette et s'élancer dans un rappel vertigineux de 950 mètres, dans le fracas du Salto Angel, la plus haute cascade du monde. Laissez frémir quatorze jours, et revenir. Vous obtiendrez Jungle, un texte joliment ciselé par le vent, perlé par les marécages, le récit d'un jeune homme qui s'abandonne à la nature et confirme son talent pour la littérature.

Miguel Bonnefoy l’aventurier

Il nous avait conquis, l'an dernier, avec « Le Voyage d'Octavio », premier roman prometteur trempé dans un réalisme magique évoquant les grands auteurs sud-américains. Quelques semaines avant sa publication il avait entrepris un périple de deux semaines au cœur de la jungle vénézuélienne avec, en ligne de mire, l'ascension du mont Auyantepuy et la descente en rappel du Kerepakupai Vena, la cascade la plus haute du monde. Épousant le mouvement de ce trek dans un écrin hostile, son récit en décrit, de manière très concrète et très drôle, les étapes et les dérapages. Mais c'est sur un terrain plus intime qu'il gagne en profondeur et en émotion, quand il retrace les tâtonnements d'un jeune écrivain « à l'aube de sa plume », conscient que « toutes les pages des bibliothèques ne peuvent rien contre [...]