Venezuela, Cuba, Thaïlande : histoires d’ailleurs

Le Voyage d’Octavio Par Miguel Bonnefoy. Analphabète, Octavie va être entraîné dans un tourbillon d’aventures qui vont le dépasser, le grandir, le former et l’ouvrir à une vie nouvelle. Il tombe amoureux, traverse son pays, le Venezuela, et rencontre la foi, ou plutôt son incarnation, Saint Christophe et sa légende. Roman initiatique, basé sur la simplicité des sentiments, sur les valeurs de partage comme au premier jour, c’est aussi une ode à l’Amérique du Sud dans ce qu’elle a de plus flamboyant. De la conquête espagnole à l’époque moderne, le pays s’est forgé une identité. Premier roman, écrit dans une langue lumineuse et cristalline. Éditions Rivages, 122 pages, 15 €. Les coqs Cubains chantent à minuit Par Tierno Monénembo. Aponte est chauffeur de taxi. Il sillonne La Havane qu’il connaît comme sa poche. Cuba, son histoire son érotisme à fleur de peau, sa musique et ses rites. Bi va croiser le chemin du mystérieux El Palenque, qui, à peine, descendu d’avion part à la recherche de ses origines. Il est natif de Guinée mais sait que ses racines sont sur l’fle. Une lettre signée de la main de Castro est au coeur de l’intrigue. Tierno Monénembo, auteur du superbe « Le terroriste noir », nous plonge dans la facette intime de Cuba, entre rhum et salsa, entre la tristesse d’un paradis jamais atteint et l’ivresse de la vie immédiate. Éditions du Seuil, 185 pages, 17 euros. La fleur du capital Par Jean-Noël Orengo. Hommes à la dérive, corps qui se touchent et se mélangent, bars louches, sexe tarifé, voilà l’ordinaire des personnages : « héros » fatigués, échoués à Pattaya, Thailande, devenue le dernier port d’attache de ces hommes qui ont cru à un avenir meilleur. Fuite en avant, plongée dans l’inconnu, leurs pérégrinations sont semées d’embûches et parsemées de débauches. Et ça ne finit pas toujours comme ils l’auraient espéré. Pattaya c’est l’enfer pour certains le paradis pour d’autres. Le style est vif, cru, ponctué de flashs stroboscopiques quasi hallucinatoires. Étouffant et foisonnant, le récit est mené tambour battant, balayant les tabous, au rythme des pulsions sexuelles ou amoureuses.

Article à propos du livre Le Voyage d’Octavio, et publié en janvier 2015 dans La Dépêche.
2017-08-20T21:24:39+00:00